Sans paramédics…
Il existe une ligne invisible que l’on ne devrait jamais franchir.
Celle où l’on choisit, consciemment, de fragiliser un service vital.
Savez-vous que le plus grand cauchemar des paramédics, c’est d’arriver dans des délais excessifs sur les lieux d’un appel, comme une scène d’accident ou le domicile d’une personne en détresse?
Ou de réaliser, dans l’horreur, que ce retard anormal a fait la différence entre la vie et la mort d’une personne?
Aujourd’hui, c’est exactement ce qui se joue.
Les paramédics sont en grève, surtout pas par confort ou par calcul.
Ils y sont contraints pour défendre l’avenir même de leur métier et, par conséquent, l’avenir des soins préhospitaliers au Québec.

Depuis le 1er avril 2024, 650 paramédics membres de la FTPQ–SCFP 7300 sont sans convention collective. Ils desservent six régions du Québec, chez 18 employeurs.
Et plutôt que de consolider le réseau, la partie patronale et le gouvernement exigent des reculs :
- diminutions salariales réelles;
- reculs sur les régimes de retraite;
- précarisation accrue du travail à temps partiel.
Ces reculs ne sont pas abstraits.
Ils ont un effet immédiat et dévastateur.
Quel message envoie-t-on à la relève quand on coupe dans les salaires et les conditions de travail d’un métier déjà exigeant, risqué et épuisant?
Pourquoi choisirait-on de devenir paramédic?
Pourquoi resterait-on?

Chaque recul — accélère les départs.
Chaque recul — décourage les nouvelles inscriptions.
Chaque recul — élargit la pénurie de main-d’œuvre.
Nous avons déjà vu ce film.
Pendant la pandémie, les conditions de travail dégradées ont vidé le réseau. Les paramédics ont quitté, épuisés et découragés.
La pénurie s’est installée.
Et ce sont les citoyennes et citoyens qui en ont payé le prix.
Depuis, grâce à la mobilisation et à la pression syndicale des paramédics, un certain rattrapage des conditions de travail a été possible. Le nombre de paramédics est revenu plus près de la normale. Les temps d’attente ont diminué.
Mais, une fois de plus, ce fragile équilibre est de nouveau menacé.

Imposer des baisses de salaire et des conditions inférieures, ce n’est pas faire preuve de rigueur.
— C’est saboter la relève.
— C’est hypothéquer la rétention.
— C’est creuser encore la pénurie de main-d’œuvre.
La grève n’est pas une rupture avec la population.
C’est un geste de responsabilité.
Un refus clair de laisser le réseau replonger dans le chaos.

Appuyons nos paramédics.
C’est une question vitale.
On parle de la situation.

Note : les paramédics de la FTPQ-SCFP 7300 sont en grève générale illimitée depuis le 10 décembre 2024. Leur droit de grève est fortement limité par la Loi sur les services essentiels, alors les impacts sont administratifs, sans nuire au service direct à la population.
